L'âme du philosophe veille dans sa tête, l'âme du poète vole dans son coeur,
l'âme du chanteur vibre dans sa gorge, mais l'âme de la danseuse vit dans son corps tout entier
'' Gibran Khalil Gibran ''
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Danses Sacrées de L'Inde, colportées par les Roumains ni à travers le
Moyen-Orient et le Maghreb, où elles se sont mélangées aux danses autochtones.
'' Elle ''
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- Le Raqs sharki (Danse orientale) est la danse solo féminin qui nous vient de
l'antiquité. Né au Moyen-Orient, il s'est particulièrement développé en Egypte.
Intimement lié à la musique, le raqs sharqi est une expression mélodique et/ou
rythmique de la phrase musicale. En tant que tel, il est tantôt fluidité,
spiritualité, exubérance, sensualité ou retenue. Plus qu'une initiation à un aspect
d'une culture, le raqs sharqi est l'expression de l'archétype féminin éternel.
'' Lilian Malki ''
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- La technique n'est pas une fin mais un moyen.
La performance technique n'est rien en soi, la danse commence quand on y met une âme.
'' Leïla Hassan ''
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- La danse orientale est un chemin vers l'épanouissement.
Chacun de ses mouvements est un hymne à la beauté, dont le mystère reste à la hauteur de
l'esprit qui l'incarne. C'est un art qui conjugue la comédie et la danse.
Interpréter par la gestuelle les paroles d'une chanson, ou raconter une histoire par la danse
nécessite un travail sur la symbolique du mouvement, le choix du style musical le
mieux adapté à souligner l'émotion que l'on souhaite partager, une étude du
déplacement dans l'espace et enfin, une adéquation avec le reste , le choix du vêtement....
'' Raja Shakarna ''
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'' Raks Sharki '' par Caroline Châtel
Dans toutes les civilisations brillantes (pharaonique, grecque, mésopotamienne, arabe, indienne) la danse et la musique jouaient un rôle non négligeable dans la vie quotidienne, et lon pratiquait de nombreux cultes religieux en lhonneur des dieux. Il existait également une croyance fort répandue selon laquelle la femme, concevant la vie, possédait un pouvoir magique. Ainsi, en lhonneur de la déesse mère , les femmes exécutaient des danses de fertilité.
Au fil du temps, et avec la naissance de nouvelles religions (judaïsme et christianisme) prônant lexistence dun dieu unique, ces rituels sacrés vinrent à disparaître. En effet vénérer plusieurs dieux allait à lencontre du fondement de ces deux religions. Les nouvelles règles imposées par celles-ci, et la conquête de lIslam furent certes un obstacle à toute danse, mais instinctivement les femmes surent préserver certains rituels chantés et dansés, et ce de génération en génération.
Ainsi, de Bagdad à Cordoue, en passant par le Caire, il existait des danseuses, dont la plupart étaient des esclaves. Très belles, elles devaient maîtriser lart du chant, du poème et de la danse. Plus proche de nous au 18ème et 19ème siècle, on distinguait en Egypte plusieurs styles de danse : la danse des dames (en arabe hawanem). Celles-ci, issues de la classe aisée nétaient pas des professionnelles, mais exerçaient lart de la danse avec beaucoup de finesse et délégance, dans des endroits fréquentés uniquement par des femmes : les hommes ainsi que les étrangers nétaient admis en aucun cas ! les femmes qui exerçaient le métier de danse use faisaient partie de la tribu tsigane des Ghawazi, installée en Haute-Egypte. Elles dansaient pour le petit peuple, et navaient pas une bonne réputation, contrairement aux almées (en arabe awalem ) qui étaient aussi des danseuses professionnelles, mais plus respectées par le public.
Cest au 19ème siècle, durant lexpédition de Bonaparte en Egypte que pour la première fois on utilisa le terme de danse du ventre . En effet, seuls les mouvements du bassin, des hanches ainsi que du ventre parfois dénudé de ces fameuses almées ou ghawazi ne retinrent lattention de ces soldats en quête dexotisme.
La danse orientale va connaître une évolution sans précédent dans toute son histoire à partir du début du 20ème siècle. Une femme dorigine syro-libanaise, nommée Badia Masabni entrepris douvrir le plus grand casino au Caire, le Casino-Opera , offrant des spectacles de qualité à un public colonial, touristique, et à laristocratie égyptienne.
Badia Masabni envisagea de développer une danse plus sophistiquée, et plus raffinée que la danse des ghawazi et des almées, en utilisant des éléments nouveaux tel un décor somptueux, une plus large utilisation de lespace, un vocabulaire technique plus riche, (inspiré du folklore ainsi que des bases de danse classique) lintroduction du voile et du costumes deux pièces à sequins, inspirés tous deux du style hollywoodien.
Ainsi naît le Raks Sharki, que lon traduit par danse orientale , danse inspirée de lorient et de loccident, beaucoup plus riche et plus technique son ancêtre raks baladi (danse populaire ou citadine).
Les années 30-40 constitueront lage dor de la danse orientale en Egypte. De célèbres artistes comme Samia gamal et Tahia Carioca firent leurs premiers pas au Casino-Opera et rendirent célèbres la danse orientale également grâce aux comédies musicales.
Le Casino-Opera étaient un passage obligé qui permettait à toute danseuse, chanteur ou musicien datteindre une certaine notoriété. Farid El Atrache, célèbre chanteur égyptien, fit ses premiers pas au casino de Badia Masabni.
Lère du Casino-Opera est révolue et des générations de danseuses se sont succédées depuis cette période : celle de Nagwa Fouad, Sohair Zaki, Mona Saïd, Fifi Abdou, Lucy, Dina. Mais danser dans une société où lintégrisme augmente relève dun véritable parcours du combattant, aussi certaines danseuses préfèrent abandonner leur carrière et porter le voile. A lheure actuelle Fifi Abdou reste la danseuse la plus populaire. Depuis le début des années 80, loccident connaît un véritable engouement pour la danse orientale. Ayant subie une grande évolution, la danse orientale est devenue très technique, avec beaucoup de déplacements, jeux de hanches, utilisation de chaque partie du corps de façon isolée, ondulations du bassin, utilisation daccessoires relevant du folklore égyptien.
Elle est enseignée au même titre que la danse classique, le modern jazz, dans un style académique.
Nous sommes bien loin de la danse du ventre de lépoque coloniale de Bonaparte !!!
La danse orientale entre dans une nouvelle ère de son histoire, et elle gagne de plus en plus en reconnaissance grâce aux artistes actuels qui tentent de relever son niveau dans le monde entier.
Caroline Châtel.