Sharihane, le rendez-vous des belles orientales
La boutique dédiée à la danse orientale
vendredi 29 août 2003, par Olivia Marsaud
Malika Medjahed, Algérienne née en France de 31 ans, est la créatrice de Sharihane. Une boutique de costumes et accessoires de danse orientale digne de la Reine de Saba... En cinq ans dexistence, et après un récent déménagement, Sharihane est devenue une référence à Paris. Petite visite.
Malika Medjahed rentre tout juste de vacances. Peau caramel chaud, pommettes ensoleillées, cheveux ondulés aux doux reflets roux... Cest avec le sourire que la belle trentenaire retrouve sa boutique du centre de Paris. Une caverne pour Ali Baba et les quarante danseuses. Un espace dédié à la danse orientale, toute la danse orientale et rien que la danse orientale. On farfouille dans les accessoires, des bracelets aux soutiens-gorge, en passant par les colliers et les boucles doreilles. On choisit des foulards, de 23 à 69 euros, ornés des fameux sequins qui bruisseront au rythme des déhanchés des danseuses. Les plus discrètes pourront y dénicher des foulards perlés de toute beauté, qui font beaucoup moins de bruit !
Côté robe, cest un véritable défilé de styles et de matières. Beaucoup sont importées directement dEgypte, de Turquie, du Liban et de Syrie. Les costumes complets pour les professionnelles côtoient les petits hauts de cours pour débutantes. Les hommes pourront venir essayer les costumes traditionnels composés du sarouel, du gilet, de la cape et du chapeau. Loriginalité du lieu : on trouve du neuf et de loccasion. Ce qui permet de tomber sur des perles rares... comme des robes fabriquées par certaines danseuses, pièces uniques qui valent leur pesant dor. Je propose aussi la location , précise Malika. Cela permet dêtre la reine dune nuit à moindre frais !
Attirée par les paillettes
Malika caresse les étoffes, les effleure, les frôle. Elle pointe le travail réalisé sur certaines pièces, souligne leur originalité. En arpentant ce lieu chaleureux quelle a conçu de A à Z, Malika se souvient de sa première boutique, quelle na quitté quen mai dernier. 18m2, à une rue dici. Une caverne cachée ! Il fallait vraiment la trouver ! Elle a gardé le même nom : Sharihane. Cest ainsi quon lappelait lorsquelle était danseuse professionnelle et cest le nom dune star égyptienne, danseuse, comédienne et chanteuse.
Pourtant, rien ne la prédestinait à entrer un jour dans le monde de la danse orientale. La danse nest pas une tradition familiale pour cette Algérienne née en région parisienne. Enfant, elle rêve devant les vieux films de la danseuse égyptienne Samia Gamal, et la danse la rattrape un peu plus tard. Elle prend des cours pendant trois ans avec un professeur qui la lance. Elle devient professionnelle, en parallèle de son travail de secrétaire. Elle se produit avec des musiciens dans des mariages, des cabarets. Aujourdhui, elle danse encore pour samuser. La danse ne me manque pas car à présent, je fais partager ma passion. Et puis, javoue que ce qui ma dabord plu dans la discipline, cest le costume ! Jai toujours été attirée par les paillettes , confesse-t-elle avec un air enfantin. Jai commencé la danse pour pouvoir porter toutes ces robes magnifiques et tellement inaccessibles... Aujourdhui jen ai plein ! dit-elle lil gourmand.
De la boutique à la télé
Cest son expérience en tant que professionnelle qui la aidée à monter Sharihane. Danseuse, javais du mal à trouver des costumes , explique-t-elle. Résultat : après sêtre fait licenciée de son poste de secrétaire, elle pense à créer un endroit qui deviendrait le point de repère des danseuses orientales de la place de Paris. Cest un véritable pari : avoir 25 ans et de bonnes idées, ce nest pas ce qui peut convaincre un banquier. On ma refusé le projet de nombreuses fois. Finalement, jai bénéficié de la bourse Défi Jeunes. Et roulez jeunesse ! Malika commence par vendre ses propres costumes, ses copines lui laissent les leurs en dépôt-vente. Connaisseuse du milieu de la danse orientale, elle simpose. Aujourdhui, elle est incontournable et les émissions de télévision font souvent appel à elle. Dès quun bout de robe apparaît à lécran sur une danseuse orientale, neuf chance sur dix quelle vienne de sa boutique !
Une belle reconnaissance que Malika partage. Elle affiche petites annonces, adresses et références des différents professeurs, donne des bon plans, relayés par le biais de son site Internet (quelle a créé elle-même en saidant dun livre !) De ses fréquents voyages en Turquie et en Egypte, sa patrie de cur, elle ramène cd et cassettes vidéo introuvables ailleurs que chez elle. La demoiselle a ses réseaux...
Sharihane - 34, rue de la Lune, 75002 Paris - 00 33 1 53 40 75 10